Dimanche 24 mai 2009

 

Cuiabá est la Capitale du Mato Grosso. Avec le développement agricole de la région Centre-Ouest, la ville s’est terriblement agrandie. Des immeubles rivalisent de hauteur, ou autrefois on trouvait des « casarões » ces habitations traditionnelles avec un patio ombragé par des manguiers. La ville à perdu son charme d’antan et sa tranquillité.

Pour retrouver cette ambiance paisible, il faut s’éloigner de la capitale du Mato grosso et rechercher les petits villages à l’écart du progrès. Dom Aquino est une de ces bourgades où il fait bon vivre.
 Là pas d’immeubles, tout le monde se connaît. Le soir, quand le soleil décline sur l’horizon et fait chuter le thermomètre de quelques degrés, la population se réunit sur la place sous les arbres, partage une bière et mange des brochettes. Des petites cabanes
 qui servent de bar s’élèvent des hauts-parleurs de la musique « sertaneja », un brin  country  qui rappelle qu’on est ici au pays du rodéo. L’élevage de zébus est la principale économie de la région.
C'est, dans ce village paisible qui me rappelle mes origines paysanes que j'explore avec mon fidèle compagnon Luis, le photographe du village, la serra das parnaibas. à la recherche des civilisations perdues...

Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 29 avril 2009

 

Tous ceux qui comme moi souhaitent engager une grande aventure et qui la préparent depuis plusieurs années le savent ; la période n’est plus propice. Fini le temps du sponsoring et du mécénat. L’argent, les aides, les dons font désormais partie des espèces disparues ou en voie de disparition au même titre que le tatou à sept bandes ou les grands cétacés. Plus difficiles à débusquer que le Yéti de l’Himalaya, trouver un soutien pour une aventure aussi justifiée soit-elle, relève du miracle. Faut-il pour autant faire le voyage à Lourdes ?  Je ne blague pas, vous avez tous vu récemment un grand sportif  cent fois médaillé retirer son slip pour traverser nu tout Paris afin d’attirer l’attention d’un équipementier.


C’est triste d’en arriver là et bigrement courageux de sa part.

Face à une telle situation, faut-il imaginer le pire à poil, dans une surenchère de records tordus pour attirer l’œil d’une caméra ou la curiosité foldingue d’un journaliste que la crise menace de chômage. Bref, jusqu’à présent je ne m’étais pas posé cette question, mais je dois me résoudre à faire un savant et complexe calcul pour envisager la chose. Que puis-je exhiber en échange d’une lampe frontale à pédale ou d’un mini ventilateur solaire destiné à éloigner les moustiques ? Je l’avoue, j’ai eu certaines audaces, mais pas ce courage, car les situations de crise et le manque de moyens sont des pathologies chroniques chez moi. J’y fais face depuis bien longtemps et j’ai appris avec humilité à m’en accommoder. La grande majorité de mes expéditions amazoniennes n’ont jamais bénéficié d’aide. Mes moyens ont toujours été très modestes, parfois limites. J’ai parcouru plus de kilomètres à pied, à cheval ou en pirogue que je n’en ai faits dans une jeep 4X4. Pas de tonnes de matériel, ni de gadgets inutiles. Un peu de courage et beaucoup d’endurance m’ont suffi parfois. 

Ceci-dit, ne m’imaginez pas tel un moine retranché dans son monastère, hermétique à tout contact avec l’extérieur. Je ne renierai pas de l’aide ou une collaboration qui puissent dynamiser mon projet si elles m’étaient proposées. La difficulté pour les gens de terrain, et c’est mon cas je dois l’avouer, nous ne savons pas à qui nous adresser et comment faire exactement nous vendre.

Les éditeurs restent muets à nos sollicitations, les sociétés susceptibles de médiatiser notre aventure sont compliquées à convaincre.  Alors devant de telles perspectives, je sais par expérience qu’il ne faut pas trop compter sur les autres pour avancer et que le premier pas, c’est celui que l’on doit faire soi- même…


J’ai une confiance aveugle dans mon projet parce qu’il est le fruit de 40 années de travail au quotidien et que l’expérience à laquelle je veux me livrer maintenant est unique en son genre sur la planète. Personne n’a  jamais étudié avec une telle rage et une telle ardeur l’influence des paysages du Mato Grosso sur les populations préhistoriques dans leurs longues migrations. La découverte d’un corridor d’une telle ampleur et son cortège d’abris richement décorés, dont celui de Santa Elina daté de 20 000 ans, est assez

exceptionnelle. J’en suis fier et je poursuivrai donc, « malgré la crise », mon projet « Alvorada ». Je veux retrouver le regard porté sur ces paysages par les premiers nomades qui aux temps préhistoriques ont découvert et exploré ce couloir en suivant la bordure des plateaux tabulaires du Mato Grosso entre les bassins de l’Amazone et du Paraguay.  En ces temps là, les déplacements terrestres étaient avant tout une conquête de l’œil sur les horizons de paysages qui devenaient une donnée géographique évidente et essentielle.

Inventorier ses paysages et les vestiges de sa colonisation, voila l’extraordinaire et belle aventure à laquelle je veux me livrer, avec… ou sans aide.


Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 20 mars 2009

 

Avec le développement agricole et une occupation intensive des espaces vierges, le Mato Grosso se peuple et les zones autrefois isolées deviennent plus faciles d’accès. De ce fait, mes missions d’explorations requièrent moins de logistique. Il n’en fût pas toujours ainsi. Mes premières expéditions organisées à partir de Cuiabá me prenaient plusieurs semaines. Des problèmes de ravitaillement se posaient. Je n’avais pas les moyens d’engager plusieurs porteurs pour charrier
matériel et vivre. Il n’en était d’ailleurs pas question car mes découvertes devaient rester secrètes.

Cela devenait un casse-tête et je partais souvent seul ou
 accompagné d’une ou deux personnes au maximum. De ce fait, il ne nous était pas possible de transporter le matériel et la nourriture pour plusieurs semaines d’isolement. J’avais deux solutions pour y remédier. La première, la plus facile : réduire le ravitaillement en sautant des repas (celle-ci fut la plus souvent utilisée). La seconde : celle d’un lâcher aérien lorsque la durée du séjour dépassait une dizaine de jours et s’effectuait dans une zone où tout atterrissage était impossible. C’était une solution pratique mais coûteuse, présentant quelques inconvénients. Je ne récupérais le plus souvent qu’un quart des provisions. Le reste se perdait en forêt en raison d’une mauvaise coordination entre le pilote et moi-même. N’ayant aucun moyen radio pour communiquer, nous étions obligés de fixer à l’avance les points de ravitaillement, ainsi que le jour et l’heure du rendez-vous. Hélas, cela ne fonctionnait pas toujours car dans la plupart des cas, je n’arrivais pas à temps au lieu fixé (retenu par des contraintes géographiques dans l’impossibilité de l’atteindre). Comme nous ne possédions pas de parachute, les vivres m’étaient lancées en vrac au passage de l’avion qui rasait la cime des arbres. Le lâcher se faisait ainsi pour éviter que les gros paquets ne restent accrochés dans les branches des arbres. En arrivant au sol tout se plantait dans l’épaisse végétation ! Le bruit de l’avion qui s’éloignait après un largage raté m’a souvent donné des frissons. Aujourd’hui des pistes de ferme sillonnent une grande partie du territoire que couvrent mes travaux. Elles ouvrent désormais un passage et facilitent une grande expédition terrestre sur la piste des grottes ornées. C’est l’objectif du projet « Alvorada ». Expérimenter le fil d’Ariane que constituent les reliefs formés par les versants Sud des plateaux tabulaires séparant les bassins de l’Amazone et du Paraguay.


Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 20 janvier 2009
Je vous l'avais promis, voici le deuxième  film tourné en Amazonie dans les années 1970. Les premières séquences rescapées de l'enfer amazonien étaient celles tournées en Guyane. Voici les autres, réalisées durant mes premières années passées au Mato Grosso après une brève escale à Rio de Janeiro.


                                       
                                             

Lèvre de Bois
envoyé par Jeanperie



 
                                         
Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 30 décembre 2008

extrait manuscrit Jean Périé « Lèvre de Bois »



 

A parcourir le labyrinthe que formaient les vallées, les bordures échancrées des plateaux tabulaires et les multiples réseaux de rivières qui desservent les bassins de l'Amazone et du Paraguai, je m'interrogeais sur le chemin que les peuples indiens avaient pu emprunter pour atteindre jadis le Mato Grosso. Même muni de cartes et guidé par des pisteurs expérimentés, j'avais beaucoup de mal à ne pas m'y perdre. Alors, par quels chemins secrets ces peuples pré­colombiens avaient-ils atteint le centre du continent depuis le versant oriental des Andes? Pour tenter d'y répondre, j'avais fait le voyage jusqu'aux Andes avec les moyens du bord à partir de Cuiabá. Un trajet long et éprouvant en pleine révolution bolivienne. Des milliers de kilomètres en autocar, en train, puis en camion sur l’Altiplano jusqu'à  Machu Picchu.

            Au retour, j'étais convaincu qu'un passage naturel reliait les contrefort andin au Mato Grosso et s’engouffrait ensuite dans l’immense Brésil. Si cette hypothèse tenait debout, des vestiges, des grottes et des abris ornés par ces populations préhistoriques devraient alors en baliser le tracé au Mato Grosso. Un inventaire du patrimoine archéologique s'imposait. Au début des années 70, je m’étais jeté dans cette aventure car rien n'avait été mené dans ce domaine.
Le Mato Grosso n'avait pas d'histoire, pas de passé ancien. Il était né de l'imagination des Bandeirantes au 17ème siècle et nul ne s'en étonnait,  pas la moindre interrogation sur les périodes qui avaient précédé leur arrivée. L'origine des peuples indiens, leur provenance, les vestiges de leur longue saga relevaient du mystère le plus pur.





           
Je fonctionnais comme un garimpeiro, quand une idée germait dans ma tête je prenais aussitôt le chemin de la brousse. Ma première tâche avait été de glaner suffisamment d'informations précises sur les régions qui m'intéressaient. Pour cette tâche j’avais traversé le pays de long en large sur des pistes de fortune rien que pour questionner les passager, dans les autocars, les bars, les bordels...

            J'avais également entamé des recherches bibliographiques et cartographiques à partir de documents anciens.

 
          
J'orientais mes premières explorations sur les Chapadas dos Guimaraes, dos Parecis et de Sao Jéronimo. Accéder au pied de ces falaises est un véritable parcours du combattant. La forêt toujours aussi fascinante au premier contact devient vite monotone. Presque languissante. On y devine une vie grouillante. Mais elle la tient invisible. Secrète. Les grands coups de sabre d'abattis que lancent mes pisteurs pour ouvrir une brèche dans la végétation font fuir les gros mammifères. Quant aux oiseaux, ils ne descendent que rarement aux étages inférieurs du sous-bois. Ils préfèrent les frondaisons. La chaleur ambiante y maintient les insectes dont ils se nourrissent. Les animaux les plus difficiles à déceler sont les reptiles



enfouis dans l'imbroglio de plantes basses. Racines rampantes, feuilles mortes, mousses, jeunes pousses. Biotope impossible à inspecter. Tous nos sens doivent être en éveil. Il faut regarder où poser les pieds sans pour autant perdre de vue le sentier toujours difficile à repérer. Son ouverture, sa pénétration, son balisage demandent une grande concentration. Une bonne dose d'énergie et d'endurance également. C'est un exercice épuisant; certains le considéreraient comme un exploit ou un défi sportif. Pour moi, il ne représentait pas une réelle aventure dont je pourrais me rassasier indéfiniment, mais un travail de forçat indispensable, juste une étape à franchir. Ma curiosité, exigeante et capricieuse, réclamait des émotions plus authentiques. Toujours à l'affùt d'un paysage lointain, elle se projetait inexorablement sur l'horizon. Elle et moi étions persuadés que cette frontière recélait tous les trésors du Monde. Ma curiosité m'avait attiré au Mato Grosso à la rencontre de civilisations primitives, maintenant elle me poussait à rechercher leurs vestiges passés.

Dans cette perspective, je commençais à souffrir de tout ce qui pouvait constituer une barrière sur mon chemin, une entrave à mon avancée.La jungle en était une.

            Pour me rapprocher des falaises, j'emprunte avec beaucoup de précautions le passage naturel le plus indiqué. Souvent, le lit asséché d'un petit ruisseau. Là, des bouquets de bambous forment un embryon de tunnel sous lequel on peut tout juste ramper. Le climat y est torride. Pas le moindre souffle d'air. Il faut crapahuter plusieurs heures dans cette galerie végétale. Boyau aux multiples méandres sans aucune échappatoire. Enfermés, condamnés à suivre son cours. De nombreuses empreintes d'animaux encore fraîches sont imprimées dans le sol humide; traces de tapirs, de jaguars, de rongeurs en quête de minuscules flaques d'eau. La végétation est par endroit si dense qu'il y fait presque nuit comme si le jour ne s'était jamais levé. Soudain la pente s'accentue, grimpe presqu'à la verticale. La lumière s'intensifie, devient aveuglante. Le plafond de feuillages s'aère et au travers des branchages, on entrevoit les parois rocheuses dressées en paravents si abrupts qu'il est impossible de sonder leur sommet. Vidé de toute énergie, on parvient enfin au pied de la falaise.

            En m'extirpant de la selva, j'éprouvais toujours un sentiment de liberté. Le champ visuel s'agrandissait enfin, l'air était plus respirable.

            Le pied des falaises est un endroit sauvage. Somptueux. Je n'ai qu'une  hâte: palper cette muraille pour m'assurer qu'elle est là, bien vivante devant moi. Tandis que mes guides se glissent le long de la paroi à la recherche d'un gibier, je grimpe par des éboulis, le plus haut possible dans l'espoir de m'affranchir de la forêt et d'y découvrir un panorama plus élargi. De là-haut le spectacle en vaut la peine. Forêt et savane mêlées forment une mer verte moutonneuse à l'infini. Assis sur un promontoire, je m'imprègne lentement et gravement de ce paysage grandiose. La falaise constitue l'armature principale. Architecture géologique lestée d'éternité qui reste à explorer. Dans la brume de chaleur qui fait onduler sa silhouette bleutée sur l'horizon, je cherche des porches, des failles et des petites entrées de grottes difficiles à sonder à cause des ombres trop crues plaquées par un soleil à l'aplomb. Ce décor m'ensorcèle...

            C'est ainsi qu'un jour la préhistoire du Mato Grosso a surgi devant moi. Je me glissais le long d'une paroi rocheuse lorsque des pigments rouges attirent mon regard. Je repère aussitôt les premières peintures, les premiers dessins. Je remarque une scène de chasse, un homme armé d'un arc fait face à un animal, plus en avant un autre personnage tient une lance. Sur une corniche, de petits bonshommes se tiennent par la main en farandole. Sur la gauche, un peu à l'écart, un personnage entouré d'oiseaux.

Plus loin, d’étranges empreintes de pas sur la paroi verticale rappelle que la plateau s’est jadis effondré. Ce sont les empreintes laissées par une famille de Lama major, les premiers mammifères après les dinosaures. Elles sont là depuis plus de 30 million d’années… Ca me fait sourire.

Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 23 novembre 2008

 

Une descente « aux enfers » à ne pas manquer

Une grande page d’exploration souterraine à lire dans le blog de mon ami artiste peintre et aquarelliste Alain Marc, (Aquarelle-en-voyage). Il nous entraîne avec ses pinceaux jusque dans les dangereux abîmes de l’Aven Noir et nous fait vivre le récit palpitant d’une grande première : l’exploration de la Galerie du Marocain, le tout agrémenté de sublimes aquarelles et photos. Bravo pour ton courage, ton audace et ta ténacité.

De notre berceau africain, chaque nouveau pas arraché sur notre planète depuis l’aube des temps l’a été par des hommes comme toi. Merci, j’ attends la suite …

 

 

Avec mon ami d'enfance Alain Marc, en pleine discussion sur l'Aven Noir et le Mato Grosso.

Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 16 novembre 2008

Chers amis blogueurs, vous êtes nombreux à me visiter régulièrement des quatre coins de la planète et je vous en remercie. Cependant la préparation de mon projet "Alvorada" sur la piste des grottes ornées d'Amazonie absorbe tout mon temps et c'est la raison pour laquelle je passe moins d'articles sur ce blog. Ne me quittez pas, voici un récit qui va vous amuser et qui me permet de tirer un grand coup de chapeau au célèbre ethnologue Levi-Strauss. Bonne lecture...

 

Bon anniversaire à Lévi-Strauss, 100 ans déjà...

 

Le monde entier le connaît depuis son célèbre ouvrage « Tristes Tropiques ». Bon anniversaire à cet ethnologue exceptionnel qui aligne sa centième bougie. J’ai eu l’inestimable chance de le lui parler en tête à tête. D’ailleurs deux personnages illustres, tous deux ethnologues, m’ont impressionné au cours de la rencontre que j’ai eu avec eux... Le premier, André Leroi Gourhan qui nous a hélas déjà quitté.  Père de l’archéologie moderne, il révolutionna les méthodes de fouilles stratigraphiques.

Ma rencontre fut très émouvante avec Claude Lévi-Strauss puisque nous avions un sujet de conversation commun, Les indiens Nambikwaras de la forêt amazonienne du Mato Grosso, localisés dans la vallée du rio Guaporé, dans une des zones les plus périlleuses à explorer.

Et, si je garde de cet entretien un souvenir inoubliable, celui que me laisse mon séjour chez les Nambikwaras n’en reste pas moins drôle.

 

(1986) Chez les Nambikwaras de Lévi-Strauss. Une école neuve pour une nécropole

(extrait de mon manuscrit « Lèvre de bois »)

« De retour a Cuiabá, je réussis à me procurer un autre lot d'images de satellite. Elles m'ouvrent un champ nouveau. Toute la vallée du Guaporé et la Serra dos Parecis. C'est là que je décide d'orienter mes prochaines explorations. Je m'active à les déchiffrer et à les organiser en mosaïque. Ce sont des images muettes sur lesquelles ne figurent aucun nom de rivière, de massif. Pour les rendre utilisables, je dois les interpréter. Un travail fastidieux.

             Sur le terrain, j'entame des pourparlers avec les indiens Nambikwaras de la Serra dos Parecis. Depuis que Lévi-Strauss leur avait rendu visite à l'époque où je venais au monde, leur condition de vie n'avait pas changé. Quarante ans que les tropiques restaient aussi tristes de ce côté-là. Mon interlocuteur est le chef du village Tubarão. Une « aldeia » (village) de huttes où vivent quelques familles Nambikwaras. A la saison sèche, on peut les atteindre en deux jours de voyage par une piste de latérite en très mauvais état. Lorsque les pluies les isolent du reste du pays, le rio Guaporé offre une issue de secours, mais sa navigation très dangereuse est des plus aléatoire. Deux tribus, les Aikana du village Tubarao et les Latundé se divisent un vaste territoire. Une réserve indigène leur avait été aménagée par le sertaniste Fritz Tolksdorf pour les préserver des colons qui venaient s'installer sur les terres fertiles des affluents du Guaporé.

            Lors de ma première visite dans l'aldeia Tubarao,  j'y arrive de nuit. Le village est en fête. Un groupe de femmes vêtues de robes usées et crasseuses, le visage orné de roucou, dansent sur le terre-plein central à la lueur de quelques torches. Agglutinées, serrées les unes contre les autres, elles avancent en formant un large cercle, cadençant leurs pas d'un son de flûtes sacrées accompagné de chants monotones, presque couverts par le ronronnement du groupe électrogène qui alimente trois ampoules de faible intensité suspendues sur des perches de bambou.. Une assistance d'hommes ivres, vautrés sur des bancs d’école ou couchés à même la terre les suivent du regard, abrutis par leur incessant manège. Des flaques de vomi et des canettes de bière vides pavoisent le sol. Un demi-siècle d'intégration ne leur avait toujours rien apporté. Un mariage se prépare avec ce qui reste de traditions ancestrales. La mariée confinée dans une hutte à l’écart du village depuis plusieurs jours, attend son fiancé. Le spectacle est désolant, dégradant. Les Nambikwaras avaient quasiment tout perdu de leur culture, sans n'avoir encore rien pris de la nôtre qui puisse améliorer leurs conditions de vie. Leurs acculturation était un échec et le constat était net. Pour la première fois, je me sentais mal à l'aise face à des indiens, le poids de la culpabilité des Blancs me pesait sur les épaules. J'étais venu à leur rencontre pour me rapprocher de leurs origines et ce spectacle m'en éloignait. Que pouvaient-t-ils avoir conservé de leur passé ? J'avais des doutes. L'odeur aigre des vomissements et une puanteur de transpiration s'ancrent dans mes vêtements et la moiteur de la nuit n'arrange rien. Les quelques halos de lumière attirent une quantité de hannetons et autres gros insectes qui tourbillonnent eux-aussi de longs moments avant de s'écraser au sol. Ils sont aussitôt piétinés par les pieds nus des danseuses. Leur carapace craquait et libérait un liquide jaunâtre qui entachait le sol. Tout donne la nausée. A minuit, le chef de poste de la FUNAI coupe le groupe électrogène, mais la fête ne s'interrompt pas pour autant. Les indiens ont allumé un feu pour donner un peu plus de clarté. Bien plus tard dans la nuit, quand tout le village fut ivre, les chants et les danses cessèrent.

            Le lendemain, l'aldeia était restée presque déserte. Seuls quelques enfants, le visage rieur, avaient passé la journée accrochés à mes basques. J'avais eu tout le loisir de d’arpenter le village. Une hutte délabrée servait d'école. Elle était ouverte aux indiens de tout âge qui voulaient se familiariser avec la langue brésilienne. Des indiens de passage se l'étaient également appropriée pour y dormir. Les cours ne commençaient jamais de bonne heure et dépendaient de la bonne volonté des indiens présents, en moyenne quatre à cinq, jamais les mêmes. La hutte était en si mauvais état quelle menaçait de s'effondrer au moindre coup de vent. Une demande avait été adressée à la FUNAI pour qu'on la remplace, mais il y avait d'autres priorités, tant de priorités que l'école était toujours là, penchée sur son flanc droit, attendant la rafale de vent qui la mettrait un jour à terre.

            Le soir venu, j'entame une discussion avec le chef du clan des Aikana. Un dialogue de sourds! Comme il parle peu le portugais et qu'il se sert de cet état de fait pour en dire le moins possible, je n'apprends rien de nouveau sur le chapitre des nécropoles nambikwaras. Je sais seulement qu'elles existent et qu'elles sont remplies de momies et d'urnes funéraires. Quant à leur localisation, je l'estime à l'extrème-ouest de la Serra dos Parecis, aux sources du rio Guaporé et de ses affluents. Mais la région n'est pas sûre, de nombreux clans Nambikwaras se disputent les terres de la réserve indigène. L'accès aux cavernes du Haut-Guaporé reste encore problématique. Cependant l'institutrice de la petite école me rapporte quelques jours plus tard, des propos émanant du chef . En réalité, il me propose un marché. Une école neuve contre une nécropole! L'accès aux grottes funéraires méritait une contrepartie mais là, elle était au-dessus de mes moyens. Je négocie directement avec l'intéressé pour ramener l'échange à un prix plus raisonnable. Mais le vieux cacique (chef) ne veut rien savoir. Il me prend pour un « gringo » aux poches bourrées de dollars. Je quitte le village sans rien obtenir. 

            A Cuiabà, la foire agricole attirait les fermiers de tout l'Etat. Exposition de bétail, de machines, concours de rodéos, elle était l'évenement le plus important de l'année. L'hôtel Mato Grosso faisait le plein. Ma chambre avait été réquisitionnée et vidée pendant mon absence. J'avais atterri dans l'appartement du propriétaire, sur le sofa. Mes papiers étaient chamboulés et je manquais d'espace pour continuer le travail d'interprétation des images de satellite. J'étais occupé à ce décodage lorsqu'une première mission officielle composée d'éminent préhistoriens et de diplomates est annoncée au Mato Grosso, sous l'égide de l'Ambassade de France. Elle vient expertiser mes découvertes.

            Fier de ce résultat, j'organise un programme sur divers sites rupestres, et des rencontres avec les autorités locales. Pour déplacer cette délégation jusque dans les profondeurs des savanes, je dois emprunter les deux avions du Gouverneur et prévoir des points d'atterrissages de fortune ou des véhicules acheminés à l'avance nous attendront. Une logistique qui doit être maîtrisée sans accrocs. Je leur mijote une réception papale. Pour obtenir les avions du gouverneur, j'avais une entrée sûre au Palacio, le chef du cérémonial. Un brésilien d'un âge mûr, issu d'une grande famille de navigateurs portugais. Il avait passé toute son enfance à Paris avant de poursuivre des études a Cambridge. La Préhistoire était sa tasse de thé. Elle avait également forgé entre nous une amitié et une complicité réciproques et spontanées. Il était mon plus solide trait-d'union avec le gouvernement

            La délégation française arrive quelques semaines plus tard conduite par Henry de Lumley Directeur de l'Institut de Paléonthologie Humaine de Paris. Il est accompagné de son épouse également préhistorienne, du Consul Général de France à São Paulo et du Conseiller Scientifique de l'Ambassade. Le programme se déroule en trois jours dans une cadence infernale avec les aléas coutumiers qui donnent à l'événement un goût exotique. Cette fois, c'est officiel, le patrimoine archéologique du Mato Grosso est reconnu d'intérêt universel.

            L'aide matérielle qui me venait de São Paulo permettait des explorations plus audacieuses. Je me lançais dans le Haut Araguai, la Serra das Araras, les sources du rio Garças et le Haut Guaporé. Partout en somme. Je passais de longues semaines à longer à pied ces falaises immenses, interminables, prenant le temps d'explorer en détail tous les massifs, tous les archipels de reliefs résiduels plantés comme des totems dans des bourrelets de végétation luxuriante. Un labyrinthe complexe. Les premiers nomades n'avaient pu y pénétrer que grace à leur curiosité. De relief en relief. Ici les bordures des chapadas avaient joué le rôle d'un fil d'Ariane.

            De nouveaux abris apparaissaient. Plus beaux les uns que les autres. L'inventaire s'étoffait;  Parnaiba, Sao Lucas, Raizinha, Sao Carlos. Des noms de rochers gravés ou peints qui fournissaient à la Préhistoire une nouvelle donne. Un legs  millénaire.

            Durant ce temps là, sur la frontière Bolivienne, ma tractation avec les Nambikwaras avait progressé. L'Ambassade de France avait fait un geste pour la construction de leur nouvelle école. La saison des pluies s'amorçait lorsque les travaux débutent. Un premier camion livre des maériaux; portes et fenêtres. Malheureusemnt les pistes deviennent vite boueuses et ne permettent plus d'acheminer le reste. C'est la colère du côté des Nambikwaras. Pour calmer le jeu, je dois me rendre dans le village. A cette saison, seules des barges utilisées pour le transport du bétail remontent le rio Guaporé à partir du villege de Vila Bela. J'attends une semaine avant qu'une barge soit annoncée.  Deux heures avant mon départ de Vila Bela,  j'établis un contact radio avec le poste de la FUNAI. Mauvaise nouvelle! Une querelle entre chefs de clans avait fait un mort. Les Aikana sont sur le pied de guerre, on craint le pire. Je dois reporter mon voyage. A la tombée du jour, la barge quitte Vila Bela sans moi...

            Le lendemain, j'apprends qu'elle a coulé dans la nuit. Aucun survivant.

            Après les pluies, on avait achevé la nouvelle école des Nambikwara, mais le climat de tension qui régnait là-bas n'était pas favorable à mes projets d’exploration. Je devais attendre. Espérer qu'un vent nouveau souffle sur l'aldeia Tubarão.


 
Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 28 septembre 2008
Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 21 septembre 2008

 

Il y a bien  mille endroits au Mato Grosso où j’aimerais vous conduire, mais il y a une balade exceptionnelle à laquelle vous ne pouvez pas échapper. Je vous emmène aujourd’hui chez mes guides Bororos de la Serra das Parnaibas. Là-bas, au fond d’une vallée Lito et Euclides veillent sur une petite rivière diamantifère, le rio das Pombas.


Partons dès maintenant, car une longue marche à pied nous attend et dans ces reliefs un orage peut nous surprendre à tout moment en cette saison des pluies. La première partie du trajet se fait en jeep. Le paysage est somptueux dans une campagne verdoyante gorgée d’eau d’où se dégage une forte odeur d’herbe à miel. Seul le bourdonnement des insectes et le cri-cri des grillons donnent un relief sonore à ce paysage écrasé par un soleil de plomb. De temps à autre le chant étrange d’un couple de cariamas huppés trouble ce silence environnant. 

La première halte sera pour l’ Abrigo do Luis. A la fraîcheur des frondaisons et au pied d’une falaise formant un abri, nous aurons tout le temps d’examiner les empreintes de mains taillées dans la roche laissées par les premiers paléo-indiens, ainsi que le personnage principal brandissant une sorte de lance.

A partir de cet endroit, la Serra das Parnaibas dévoile déjà dans le lointain à fleur d’horizon ses falaises abruptes qui baignent dans un océan de forêt.

A la fazenda São Sebastião, on abandonne la jeep pour emprunter à pied un sentier qui s’enfonce dans la forêt et descend vertigineusement dans la vallée. C’est un sentier rocailleux et abrupt qui nous happe et nous sépare brutalement du reste du monde. Le paysage change, les bruits aussi. On entre dans une petite jungle, rien que pour nous, avec ses odeurs poivrées et humides. C’est le meilleur moment de la journée : des lianes tombent des houppiers en véritables serpentins, des broméliacées colonisent les branches des arbres, des fleurs sauvages semblent piquées çà et là dans la végétation. Un singe alerté par notre présence décampe avec sa colonie en un clin d’œil. Un papillon bleu fluo traverse devant nous de son vol saccadé. A l’approche de la rivière, les iguanes plongent dans l’eau.

Au fond de la vallée, on traverse à gué deux à trois fois le rio do Cervo. Le sentier qui conduit jusqu'à la cabane de mes guides  a le caprice de passer tantôt à droite, tantôt à gauche du rio.

Soudain les chiens aboient, c’est que nous somme proches, puis un toit de paille annonce l’habitation rustique de Euclides et Lito.  Les deux frères viennent à notre rencontre, les chiens aussi. Après les accolades de bienvenue, ils nous invitent à entrer dans leur maison. Attention, n’y entrez pas négligemment, vous allez avoir le privilège de pénétrer dans une habitation traditionnelle rare. Découvrez cet espace avec les yeux grands ouverts et sentez, sentez encore le mélange d’odeurs de café torréfié, de plantes médicinales, de mets qui mijotent sur un feu à l’ancienne. Chaque fois que je rentre chez eux, j’en ai la chair de poule, tant ce lieu est magique. Je reste longtemps muet tandis que mes yeux se nourrissent de tous les détails

qui caractérisent cette habitation. Son toit de palme tressé noirci par les fumées du foyer. A hauteur d’homme des couteaux et des sabres d’abattis qu’on appelle ici « facão » sont piqués dans la paille du toit. Sur chaque étagère, les objets de leur quotidien et des curiosités comme ces os de poulet auxquels ils attachent un pouvoir magique. Le sol de terre battue est d’une propreté remarquable, balayé dix fois par jour. Tout est bien rangé, les gamelles d’aluminium accrochées au mur, la grande jarre d’eau potable sur son trépied, le vieux transistor sur son napperon, Ici tout est beau, tout nous ramène à la terre, tout me rappelle mes origines paysannes.


Pendant qu’Euclides nous prépare un plat traditionnel, « carne seca com arroz » ( viande séchée et riz). D’ailleurs, vous avez remarqué le sac de toile de jute lourdement rempli que j’ai porté sur ma tête et descendu pour eux. Ce sont des aliments, cadeau que nous leur laissons de notre visite : viande, riz, huile, haricots noirs et des bougies, tout ce dont ils ont besoin.

Pendant que le repas se prépare, jetons un coup d’œil à leur jardin. Des pieds de café, des ananas, des bananiers et un petit potager dans le creux d’une vieille pirogue surélevée pour le mettre à l’abri des fourmis. Autour de la maison, sous le toit, des calebasses accrochées servent de ruches. C’est leur réserve de miel.

C’est le moment de regagner la maison, le repas est prêt. Chacun prend une assiette en alu sur le présentoir, une cuillère et se sert directement dans la marmite encore fumante. Ensuite il suffit de trouver un endroit pour s’asseoir. Moi, j’adore me placer sur le perron de la cuisine, face à la montagne, et là devant ce décor, le repas est magistral. Chacun a choisi sa place et l’on mange en s’interpelant dans une bonne humeur qui pousse à la rigolade. Vous n’imaginez pas le plaisir que  Lito et Euclides prennent à partager leur repas avec d’autres. Un petit café du cru passé dans la chaussette et très sucré, puis Lito qui sera notre guide dans cette région qu’il est le seul à connaître, me fait signe avec son sourire qu’il est prêt. Traversons encore une fois à gué le rio Claro et emboîtons lui le pas sur un sentier qui serpente dans la vallée jusqu’au rio das Pombas. Un passage étroit taillé dans la végétation qui s’élargit parfois au passage de la savane boisée, enchâssé entre des falaises de grès rouge d’où s’envolent en poussant des cris stridents de magnifiques couples d’aras. Ils nous survolent et retournent à leur nid. Chaque trou dans la falaise abrite un couple de ces volatiles. Du fond de la vallée montent les cris sourds et puissants de singes hurleurs. Un tatou coupe le sentier juste devant nos pieds. Soudain Lito toujours pieds nus attire notre attention sur les empreintes fraîches d’un jaguar. Ces fauves qui circulent principalement la nuit sont assez nombreux dans ces reliefs. Enfin le rio das Pombas, une des rivières diamantifères les plus mythiques du Mato Grosso. C’est un petit torrent qui a taillé une gorge dans le grès. Nous sommes ici à la source et les mines de diamants se situent plus en aval. Peut-être un jour aurons-nous l’occasion de les visiter !

Après tant d’efforts, une baignade s’impose dans ce cadre magique à mille lieux de toute trace de civilisation.

Au retour, nous aurons le privilège d’entrer dans la caverne sacrée des Bororos. C’est une cavité basse où il faut s’allonger sur le dos pour voir les gravures qui ornent sa voûte. Des lunes, des mains, … bref  encore des mystères et la journée a déjà passé hors du temps bercée par le chant des grillons et les cris des grands aras gardiens de cette vallée secrète. 

Demain une autre destination sur la piste des grottes ornées d’Amazonie…

Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 7 septembre 2008
Ca y est ! le voilà ce premier document sauvé de l'agonie et d'une mort certaine. Durant mes premières années, j'ai eu la chance d'emporter avec moi une caméra 16mm. Certes, c'était une caméra d'occasion, inadaptée au milieu et qui utilisait des chargeurs lourds à transporter. Les difficultés du terrain ont eu vite raison de bon nombre de pellicules perdues dans mes pérégrinations, endommagées par des chocs ou coulées dans le lit des rivières d'Amazonie. Celles qui ont survécu ont ensuite été stockées des années dans une malle au fond d'une cave humide. Bref, les nouveaux supports et le multimédia m'ont donné envie de sauver ce qui pouvait encore l'être. Vous connaissez la suite... Aujourd'hui, j'ai remonté avec beaucoup d'émotion ces séquences tournées en 1969...
                              
                                           
                                            
                            


Sur le Maroni
envoyé par Jeanperie
Par Jean - Publié dans : aventure
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Le blog de Jean Périé
  • chasseurdhorizons
  • : Chasseur d'horizons, diplômé de Préhistoire à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Projet d'un voyage en roulotte sur la piste des grottes ornées d'Amazonie, au Mato Grosso,(Brésil) pour dresser un inventaire photographique unique des paysages et des vestiges témoins d'une occupation vieille de 20 000 ans.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Le Vidéowall





Coup de pouce

les sculptures de
 mon frère Louis

Publications

La nuit des Hommes-jaguars
Un roman pour les jeunes à lire en direct

    Nouvelle version
  nouvelle couverture
    à lire de suite 
en cliquant sur le livre
 

























"Tout l'or de l'Eldorado" Georges Pommot. Récit recueilli par Jean Périé Editions Robert Laffont 1978. (Epuisé, en vente sur eBay)
 























"Ces merveilleux fous de la vocation" Anne-Marie Raimond; Editions Robert Laffont 1979.(Un chapitre "Le paysan des tropiques" est réservé aux travaux de Jean Périé)
 























"Découverte de l'Aventure" Editions Gallimard 1990. Les pages 108 et 109 sont consacrées à Jean Périé.

























De nombreux articles de Presse ont également été consacrés aux travaux de Jean Périé

Bric-à-brac d'images

Recherche

Images Aléatoires

qu'est ce qu'un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus