Mercredi 3 décembre 2008

 

Je vous ai déjà maintes fois parlé de l’art rupestre des cavernes et abris ornés du Mato Grosso au Brésil. Le Mato Grosso, pour ceux qui découvrent mon blog, est cet Etat brésilien qui fait frontière avec la Bolivie, situé au centre du continent sud-américain. Là-bas, je m’intéresse depuis des années à l’influence des paysages sur les mouvements migratoires préhistoriques qui ont conquis il y a des milliers d’années cet espace géographique.

Sur les parois des abris, deux formes d’expression s’opposent : les peintures et les gravures. Rarement, elles sont associées sur un même site, mais cela arrive. Intéressons nous aujourd’hui principalement aux abris ornés de gravures. Moins spectaculaires que les peintures, les gravures nous réservent de belles surprises. Le site d’art rupestre du Mato Grosso le plus important est celui de  Janela. Au pied d’une immense falaise de grès, les gravures s’étendent sur plusieurs dizaines de mètres de longueur et jusqu’à trois à quatre mètres de hauteur. Plusieurs milliers de motifs imbriqués les un dans les autres. On peut identifier des représentations humaines, quelques animaux et de nombreuses étoiles. Le ciel avait une grande importance pour les peuples qui ont gravé cet abri. On peut même y déceler une comète. J’ai questionné à ce sujet les derniers indiens Bororos qui ont investi cette région et qui l’occupaient encore il y a une vingtaine d’années. Cela ne fait aucun doute, les représentations stellaires de l’abri Janela prouve que leurs auteurs avaient une grande connaissance du ciel.

Plusieurs abris proches appartenant au même complexe de reliefs sont également ornés de gravures.

L’autre site rupestre comportant une multitude de signes et quelques représentations humaines très intéressantes est Tapera, proche d’un village de « garimpeiros » (chercheurs d’or). Nous sommes ici dans une région diamantifère. Ici, les chercheurs de diamants travaillent dans le fond des rivières avec des scaphandres. L’abri  Tapera  compte de belles images avec une tentative de portrait.

L’incontournable abri en matière de gravure, c’est Rapadura. Une petite faille dans une falaise. Sur la gauche de l’abri, un panneau de signes très singuliers.

Enfin la caverne de Cabeceira Verde avec ses niches décorées. Hélas, le grès fragile et friable de la majorité des abris se dégrade avec l’usure du temps faisant disparaître quelques motifs. Protégés par la forêt vierge durant des millénaires, le déboisement mettant à nu chaque jour de nouvelles parcelles de terre, a révélé progressivement l’existence de ces abris à une population qui les découvre sans connaissance du sujet. Leur imaginaire, leur soif de trésor englouti et leur ignorance sont une menace supplémentaire pour ces vestiges déjà exposés aux aléas du temps et des brûlis.

 

Vous voyez, il y a tant à dire et à faire pour protéger ce patrimoine géographique et paléo-culturel sur la piste des grottes ornées d’Amazonie au Mato Grosso. Il reste encore  tellement d’abris à découvrir avant que les derniers lambaux de forêt vierge ne partent en fumée pour laisser place au coton ou au soja.

Bon je vous laisse, j’y retourne…

Par Jean - Publié dans : Art rupestre
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Samedi 23 août 2008

 

...Souvenez-vous dans un des derniers articles, nous étions partis ensemble sur la piste des grottes ornées. Notre balade s’était terminée dans la Serra da Saudade et bien si vous êtes en forme, avançons encore quelques centaines de kilomètres plus vers le sud-est en direction d’un haut plateau tabulaire majestueux par sa taille et sa beauté de la Chapada dos Guimarães.

Arrêtons-nous dans le petit village du même nom où nous visiterons une des  plus anciennes églises du Mato Grosso. Un autre site incontournable dans la région c’est la cascade Veu da Noiva avec ses cent mètres de hauteur. Entamons maintenant notre longue marche vers les abris ornés de la région. Certains demandent plusieurs jours d’approche. Au pied des immenses falaises de grès rouge, notre première halte sera pour admirer l’oiseau gravé de Letreiro dos Bugres. Marchons ensuite vers l’abri de Frei Kanuto orné de magnifiques


 peintures: un cervidé avec son pique-bœuf, une chauve-souris tête en bas, ses nandous et ses jaguars. Passons la nuit dans cet abri avant de nous diriger sur celui de Xavier pas très loin à vol d’oiseau, mais bien niché dans la forêt vierge, il est un des plus compliqué à atteindre et une journée de marche nous sera nécessaire pour y arriver. Au passage nous frôlerons, presque imperceptibles, des empreintes le Lama Major laissées sur le sol il y a plus de cinquante millions d’années. Ces premiers

mammifères qui ont suivi la disparition des dinosaures, sont passés par là à une époque où la Cordillère des Andes n’avait pas encore achevé sa croissance. Lors de celle-ci le plateau s’est effondré et cassé.
C’est ce qui explique la présence de ces empreintes sur une paroi verticale. Privilège rare pour moi de les avoir repérées, car personne d’autre que moi à ce-jour ne pourrait vous les montrer. Enfin nous atteignons l’abri de Xavier. Ouf ! Il est temps de souffler devant de si belles  peintures.


Le bestiaire trouvé sur les abris ornés est représentatif de celui que l’on peut croiser dans la nature à l’exception de certaines espèces comme les caïmans qui ne figurent sur aucun abri parce qu’ils ne sont pas présents dans les petits ruisseaux de ces zones montagneuses.

Voilà pour notre petite randonnée dans le massif de la Chapada dos Guimarães.


Nous reprendrons notre bâton de marcheur plus tard pour découvrir d’autres richesses du patrimoine préhistorique du Mato Grosso pour ceux que cela intéresse.

… Mon voyage en roulotte pour expérimenter l’intégralité de la piste des grottes ornées d’Amazonie au Mato Grosso se prépare. De nombreux détails techniques restent à résoudre, sur le choix des roulottes et le mode de traction, compte-tenu de certains dénivelés du terrain. Les 3000 kms du trajet ont été minutieusement repérés avec plus de 1800 points GPS répartis sur des centaines de pistes de fermes. L’inventaire photographique des paysages, des abris ornés et de la vie qui grouille dans ce couloir, dernier sanctuaire naturel entre le Bassin de l’Amazone et celui du Paraguay, fera l’objet de plusieurs publications.

Par Jean - Publié dans : Art rupestre
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Dimanche 6 juillet 2008

Vous êtes bien chaussés, votre machette à la ceinture… Alors, prêts pour une virée de 2000 km en brousse.

C’est à la frontière de la Bolivie que l’on peut admirer le premier abri orné de gravures Uirapuru.  Ce sont des triangles pubiens, des représentations féminines et au centre du panneau on distingue une main entaillée dans la roche. C’est sans aucun doute un lieu de baignade car à quelques mètres de ces gravures coule une magnifique cascade.


La région de la Chapada dos Parecis n’a pas été explorée et l’abri suivant se localise dans la grande chaîne de reliefs connue sous le nom de  Serra das Araras  à cause des oiseaux nombreux dans ces reliefs. C’est là que l’on trouvera l’un des abris ornés de peintures les plus anciens du continent sud-américain, Santa Elina daté de 20 000 ans. On peut y observer de très nombreuses peintures avec des personnages mais aussi des tapirs, des cervidés, des singes, des poissons (raies d’eau douce).

Toujours dans la même chaîne de relief on tombe sur  Cruz de Pedra. Un bloc entaillé de cercles concentriques. Une croix de bois indique un ancien cimetière d’esclaves, mais comme un grand mystère entoure ce site, les habitants de la région en ont fait un lieu magique de bénédiction. Peu à peu les gravures des blocs disparaissent sous une épaisse couche de cire de bougies.

Plus en avant toujours vers l’Est, après plusieurs jours de voyage s’ouvrent à nos yeux les magnifiques paysages de la Chapada dos Guimarães. Là de nombreux abris ornés de peintures ont été localisés. J’ai déjà cité les sites de Frei Kanuto et de Corda Sem Fim. , alors je vais vous parler plutôt d’un site quasiment inconnu, Xavier. Situé dans la jungle, au pied d’une cascade, on y découvre des oiseaux ailes déployées et des lignes de figures géométriques spectaculaires.


Continuons à parcourir la piste des grottes ornées d’Amazonie au Mato Grosso, le prochain abri sera Caverna do Indio (La caverne de l’indien) un des rares sites rupestres situés dans une grotte. C’est aussi une nécropole. Les parois sont ornées de petits mammifères, des coatis, ces rongeurs qui vivent en bande dans la région. Leurs représentations sont très réalistes au point qu’on ne peut pas les confondre avec d’autres mammifères.

Plus à l’Est encore, entrons dans la vallée du Rio São Lourenço, São Lucas. Un chef-d’œuvre d’art rupestre. Il suffit de regarder l’image de l’accouchement pour rester figé par la précision du trait et le détail. Sur le même panneau on peut voir des représentations humaines esquissées mais d’un réalisme à couper le souffle avec des chasseurs en plein mouvement. A quelques centaines de mètres sur un petit rocher isolé, surgit un cervidé à six pattes.

Notre prochaine halte sur la piste sera l’abri Morro do Bigode, lui aussi planté dans une végétation sauvage qui le protège de toute prédation. Sa particularité, très peu de motifs mais un personnage à tête triangulaire.







 Accompagnons désormais les cuestas, ces draperies de falaises de la Serra da Saudade. On tombe sur l’abri de Tapera. Nous sommes sur les bords d’une rivière diamantifère et les garimpeiros nous offriront leur hospitalité. Nous aurons tout loisir de détailler les centaines de gravures avec là aussi un personnage à tête triangulaire.

Bien évidemment, la piste des grottes ornées du Mato Grosso ne s’arrête pas là, mais elle est si riche qu’il est temps de souffler un peu.

Vous avez aimé, promis, juré, nous y retournerons ensemble prochainement.



Par Jean - Publié dans : Art rupestre
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Jeudi 24 avril 2008

Nous étions en Octobre et je voulais retourner photographier l’abri Frei Kanuto  dans le massif de la Chapada dos Guimarães à 60 km à l’est de Cuiabá. La saison des pluies commençait et pour atteindre l’abri nous devions marcher sur plus de 20 km, car les falaises abruptes n’offraient aucun point d’accès. En étudiant les cartes, je découvre une faille importante presque à la verticale de l’abri : une belle faille que je peux équiper de cordes en rappel et le tour est joué. La faille étant à moins de 5 km d’un village, on évitait ainsi une longue marche d’approche épuisante dans la jungle. Je préviens Zé mon plus jeune pisteur, il a 20 ans, la descente en rappel ne devrait pas l’effrayer.

 

 
Le soleil trace un léger filet de sang sur l’horizon quand nous quittons le village à pied, le dos chargé de matériel d’escalade. Deux heures plus tard nous sommes sur le plateau à l’entrée de la faille. Je l’équipe de deux brins d’échelle métallique : celle que j’utilise en spéléo. La descente commence dans les broussailles et sous les piqûres de guêpes. Puis je lance une première corde de 40 m dans le vide : suffisant pour atteindre une vire en contrebas. Je passe le baudrier à Zé, lui rappelle les consignes et le voilà parti en rappel. Tout se passe à merveille. De la vire à mi-falaise, on lance ma deuxième corde jusqu’au pied de la paroi. Même topo, Zé est le premier à descendre je reste pour assurer l’imprévu. Soudain il se met à gueuler.

« La corde est trop courte, elle est dans le vide ! »

De ma position il m’est impossible de voir le pied de la falaise. Je le rassure et lui demande de bien regarder si la pointe de la corde est assez longue.

« Non, non, je vais me tuer ! La corde est dans le vide, le bout ne touche pas terre, elle est trop courte ! »

« Merde, j’ai fait une gaffe, j’ai mal calculé non coup ! » Je réfléchis, refais les calculs, réévalue les hauteurs à vue de nez…

Au bout de la corde, Zé pétrifié continue à hurler.

Je m’attache à un arbre, m’allonge sur le sol et tente d’évaluer la situation en me laissant tomber dans le vide la tête la première. Avec mes jumelles je remarque que la corde est plantée dans la végétation et que Zé panique pour rien.

« Descends ! … Descends !... Tu ne vas pas tomber ! »

Puis Zé disparaît dans la canopée et la corde se détend, signe qu’il a touché terre. C’est un soulagement.

Puis il se met à hurler à nouveau :

« Viens !... Viens vite, il y a des peintures sur la paroi. »

Je me lance à mon tour et avale les 40 m de corde en une minute.

Un abri préhistorique  juste là au pied de la corde, des peintures d’oiseaux, de lézards.

« Zé, c’est magnifique ! Quel nom allons-nous lui donner ?

« Corda Sem Fim »  ce qui signifie « corde sans fin ».

 


« D’accord ! » Et j’inscris ce nom sur mon carnet à coté des dessins que je relève, puis je fais des photos. Il est temps de filer  à l’abri de Frei Kanuto à 700m en longeant la paroi.

Le temps passe vite et soudain un grondement sourd nous rappelle à la réalité : un orage se forme, il faut quitter l’endroit et regagner le village. Sept cents mètres de jungle avalés au pas de charge et nous revoilà au pied de la corde. Je prépare Zé, lui donne les indications pour remonter sans difficultés avec un jumard, système simple que tous les spéléologues et alpinistes connaissent. C’est pas sorcier, n’importe qui peut l’utiliser. Zé démarre. A 10m du sol, il se bloque, se crispe, panique à nouveau. J’ai beau le rassurer, rien à faire, il est tétanisé sur le brin de corde la trouille au ventre. La trouille, la grosse trouille, je comprends vite qu’il est scotché et que le seul moyen c’est d’aller le décrocher et le redescendre. Manœuvre délicate et dangereuse. Une heure plus tard il est au sol.

Avec sa tête de lard Zé ne veut plus grimper par la corde, il veut repartir à pied.

 

« Tu es fou ! Vingt bornes dans la jungle tout seul, c’est idiot et … »

Mais Zé a déjà pris la fuite et je me retrouve seul au pied de la falaise. J’en ai gros sur la patate, si cet imbécile se plante en forêt avec l’orage qui arrive, ce sera da ma faute.

Quant à moi, je dois remonter par la faille et récupérer le matériel, les cordes, les mousquetons, les échelles. Le poids qui était divisé par deux à la descente devient trop lourd pour une seule personne, mes épaules souffrent et mes bras sont épuisés. Jusqu'à la vire j’y parviens, mais l’ascension du dernier brin devient trop éreintante, je commets des erreurs et dans une manœuvre un doigt reste coincé dans un mousqueton, prisonnier de la corde qui appui de tout mon poids. J’ai les pieds dans le vide et ne peux pas me soulager. Le calvaire commence à bout de souffle. Après plusieurs tentatives désespérées, je dégage mon doigt, mais j’ai mal et je ne peux plus utiliser ma main. Les coups de tonnerre font vibrer la falaise, l’orage est là au-dessus de moi. Je dois sortir coûte que coûte avant qu’il n’enfle et se déchaîne. Une heure plus tard, je sors de la faille si épuisé que je m’étends dans les herbes à miel et perds connaissance. C’est la langue râpeuse d’un zébu qui me réveille. Un troupeau est autour de moi. La pluie tombe drue. Qu’est ce que je fais là ? Vite, la nuit tombe !

Chargé comme un baudet,  je rentre au village. Il fait nuit noire, pas de lumière, seule la clarté aveuglante des éclairs me guide sous des trombes d’eau. Soudain, un homme sur le pas de sa porte me lance :

« Ton ami l’indien (c’est ainsi que les habitants appelaient Zé) vient de passer. »

Je pousse un gros ouf de soulagement. Cette nouvelle me rassure, brusquement toute ma fatigue s’efface pour faire face au bonheur d’une découverte qui sur mon carnet de brousse s’appelle  Corda Sem Fim .


Par Jean - Publié dans : Art rupestre - Communauté : Carnets-de-voyages
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Dimanche 13 avril 2008

Méconnu depuis 20 000 ans, l’Art rupestre qui recouvre les parois des abris préhistoriques du Mato Grosso est prodigieusement riche et varié, comparable à celui de chez nous avec néanmoins un bestiaire différent. Ces expressions graphiques que l’on découvre sur ces parois, soit peintes, soit gravées nous renseignent sur le mode de vie, les moeurs des premiers paléo-indiens qui ont occupé le Mato Grosso.


Le premier constat que l’on peut faire sur ces manifestations picturales, c’est que peintures et gravures ne cohabitent généralement pas. Certains abris ne sont décorés que de peintures, d’autres que de gravures. La deuxième remarque, c’est que les motifs peints et gravés n’ont pas les mêmes styles : l’art peint est figuratif, avec de nombreuses représentations humaines et animales, tandis que les gravures sont plus schématiques et dénudées. Parmi les dessins gravés, on peut observer des représentations d’étoiles et même une comète. Les animaux n’y figurent que par des empreintes de pas et les personnages par des entailles filiformes.

 
Ces différenciations faites, l’Art rupestre du Mato Grosso est étudié depuis peu de temps, mais les nombreux abris recensés témoignent d’une grande diversité picturale. Je connais personnellement plus d’une centaine de sites et chacun d’eux apporte son lot de curiosités comme la figurine aux grande ailes de São Lucas, la représentation bizarre du personnage à tête triangulaire du Morro du Toroari ou cette scène splendide de la harde de cervidés de Santa Elina.

Hélas, ces abris sont depuis peu menacés par la déforestation, la négligence et la bêtise humaines. Le personnage et l’enfant de l’abri Perdida sont recouverts par une termitière, tandis que la grotte de Cabeceira Verde a été taguée. Pour toutes ces raisons, il est impératif de dresser le plus rapidement possible un inventaire photographique de l’ensemble du patrimoine géographique et paléo culturel du Mato Grosso en mémoire de ces paléo-indiens qui méritent notre respect et notre admiration. Un livre richement illustré sera réservé à cet art préhistorique. 

Depuis mes premières découvertes, je me bats avec des moyens dérisoires pour stimuler sur le plan local, la préservation, l’étude et la mise en valeur de ce patrimoine, mais il reste tant de chemin à parcourir pour l’élever à une dimensionuniverselle et attirer des mécènes à son secours. Je souhaite de tout cœur que le « projet Alvorada » puisse y contribuer.

(Photos Jean Périé, reproduction interdite)



Par Jean - Publié dans : Art rupestre
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Mercredi 19 mars 2008
Ma nouvelle vie, peuplée d’expériences inédites et exaltantes se dessinait peu à peu, mais épuisé par de nombreuses crises de malaria, je dus me résoudre à côtoyer un monde moins hostile.
C’est ainsi qu’après quelques missions de reconnaissances, je tombai sur mes premiers abris ornés pour qui j’ai par la suite consacré tout mon temps et mon argent.
Mes premières découvertes de peintures sur des rochers remontent à 1969. J’effectuais une mission de recherches d’ossements de dinosaures quand en fin de journée, des dessins sur une paroi attirèrent mon attention. Hélas la nuit tomba si vite qu’elle ne me laissa guère de temps pour les observer. Il fallait au plus vite regagner notre campement, la jungle de nuit n’étant pas une aire de jeux.
Quelques années plus tard, je décidai de retrouver ces peintures. Il fallut trois mois pour à nouveau les localiser et avoir le plaisir de les revoir. Pour cette raison, j’ai donné à la vallée et à cet abri le nom de « Perdida ».
 
(Photos Jean Périé ci-dessous)

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Par Jean Périé - Publié dans : Art rupestre
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  • : Le blog de Jean Périé
  • chasseurdhorizons
  • : Chasseur d'horizons, diplômé de Préhistoire à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Projet d'un voyage en roulotte sur la piste des grottes ornées d'Amazonie, au Mato Grosso,(Brésil) pour dresser un inventaire photographique unique des paysages et des vestiges témoins d'une occupation vieille de 20 000 ans.
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"Tout l'or de l'Eldorado" Georges Pommot. Récit recueilli par Jean Périé Editions Robert Laffont 1978. (Epuisé, en vente sur eBay)
 























"Ces merveilleux fous de la vocation" Anne-Marie Raimond; Editions Robert Laffont 1979.(Un chapitre "Le paysan des tropiques" est réservé aux travaux de Jean Périé)
 























"Découverte de l'Aventure" Editions Gallimard 1990. Les pages 108 et 109 sont consacrées à Jean Périé.

























De nombreux articles de Presse ont également été consacrés aux travaux de Jean Périé

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