Reliefs tabulaires de la Serra Formosa
Vous êtes nombreux à vous questionner sur le terme « Chasseur d’horizons ». C’est un peu normal, cela vient du mode de regard que nous
portons vous et moi sur le paysage. Il est différent, parce que nous ne le regardons sans doute pas avec les mêmes intérêts, avec la même précision.
Au Mato Grosso, mon regard de « chasseur d’horizons » reste encore très attaché à repérer les particularités du paysage, à prendre des points de repère utiles à mon cheminement inverse,
à rechercher la position des rivières pour les contourner, bref à recenser les éléments indispensables pour une lecture utile du paysage, jusqu’à
lire le temps restant de la journée en observant les ombres portées sur les reliefs. Un voyage au
cœur du paysage en quête d’étonnement à l’affût
d’horizons nouveaux qui vont apparaître au détour d’une butte ou au contour d’une cuesta. Le voyage à lui seul est le but du déplacement avec tous les plaisirs qu’ils va me procurer par la beauté
du paysage traversé et la richesse des espèces végétales et animales qui composent cet écosystème.
Cariama huppé. Oiseau vivant dans les savanes du Mato Grosso. Il est l'oiseau emblème du Mato Grosso
Le regard que nous portons aujourd’hui sur le paysage ne s’apparente plus à cette méthode de déplacement. Nous
parcourons la nature sur des chemins tracés et balisés de panneaux indicatifs pour se rendre d’un point à un autre, sans aucun besoin d’y puiser des
ressources. Si soudain le paysage devient attractif par son enchantement, notre appareil photo sera chargé d’en assurer pour nous la mémoire et le
tour est joué. Mais avons-nous porté un juste regard, serions-nous capable de le décrire en lui tournant le dos ? Vraisemblablement pas ! D’ailleurs quel intérêt aurions-nous eu à le
détailler.
En s’affranchissant de toute notion et donnée cartographique moderne, on est obligé de constater que les plissements de la surface
de la terre piègent les hommes dans un labyrinthe de reliefs et de vallées. Les différents séjours que j’ai eu la chance d’effectuer chez les populations indiennes du Mato Grosso m’ont aidé à
comprendre le regard porté par ces peuples premiers sur leur environnement, autant pour y débusquer de la nourriture que pour y dénicher un
cheminement. Grâce à cette expérience unique mise au service de mes recherches sur les déplacements des populations paléo-indiennes, j’ai compris
quel rôle avaient joué les paysages spécifiques du Mato Grosso dans le peuplement de la région centrale du continent sud-américain. En ces temps là, les déplacements terrestres
Morro du Baú dans la Serra das Parnaíbas
étaient avant tout une conquête de l’œil sur les horizons de paysages qui devenaient une donnée géographique évidente et essentielle. J’ai pu expérimenter à maintes reprises ce regard originel et
je suis devenu à mon tour un chasseur d’horizons. J’en ai déduit qu’il n’y avait pas eu de plus belle aventure humaine que celle qui aux temps
préhistoriques avait poussé l’homme à marcher, à se déplacer, à parcourir les espaces qui l’entouraient et finalement à franchir par curiosité les horizons qui traçaient une limite à son
regard.
Grace à cette méthodologie, les observations et investigations que j’ai eu la chance de faire au Mato Grosso sur des paysages créés par les bordures des plateaux tabulaires qui séparent les bassins de l’Amazone au Nord et du Paraguay au Sud, m’ont appris à observer les paysages sous un angle différent, celui par lequel ils avaient été abordés.
La piste des grottes ornées
que je me prépare à expérimenter sur plusieurs milliers de kilomètres est le fruit de cette « chasse aux
horizons » et qui sait, peut-être un jour, nous sortirons ensemble chasser des horizons au Mato Grosso.
Serra das Parnaibas. (photos de l'article :Jean Périé, reproductions interdites)
Continuons à parcourir la piste des grottes ornées d’Amazonie au
Mato Grosso, le prochain abri sera Caverna do Indio (La caverne de l’indien) un des rares sites rupestres situés dans une grotte. C’est aussi une nécropole. Les parois sont ornées de petits mammifères,
des coatis, ces rongeurs qui vivent en bande dans la région. Leurs représentations sont très réalistes au point qu’on ne peut pas les confondre avec d’autres mammifères.
Accompagnons désormais les cuestas, ces draperies de falaises de la Serra da Saudade. On tombe sur l’abri de Tapera. Nous sommes sur les bords d’une rivière diamantifère et les garimpeiros nous offriront leur
hospitalité. Nous aurons tout loisir de détailler les centaines de gravures avec là aussi un personnage à tête triangulaire.
L’armée brésilienne refoulée dans un marigot infesté de caïmans est en déconfiture totale. Grand stratège et rusé, Auguste Leverger à une idée derrière la tête. Il
réunit ce qui reste des troupes brésiliennes dans le petit village de Melgaço. Quelques dizaines d’hommes en guenilles, mal armés. Là, il fait creuser des tranchées sur la rive du rio Cuiabá par
lequel les troupes du Paraguay remontent. Il veut les surprendre et les anéantir dans les méandres du rio. Durant des semaines, Leverger mène une campagne d’intox dans la population, racontant à
tous les paysans qui veulent l’entendre que des renforts sont arrivés par centaines, que ses troupes sont les mieux équipées de tout le Brésil. L’information bat la campagne. En réalité, il
entraîne une centaine d’hommes, les prépare à une sanglante bataille en leur
Un groupe d’indiens inconnus vient d’être découvert
dans la jungle amazonienne brésilienne dans l’Etat de l’Acre à la frontière péruvienne. D’après José Carlos dos Reis Meirelles Júnior,
pied des reliefs que mon boulot de





